Les paysages sont de plus en plus hallucinants a mesure de notre avancee.
Au debut, nous croisons pas mal de monde, en route vers Muang sing avec du riz a vendre ou en velo avec un cochon ligote sur le porte bagage, des jeunes ecoliers trop heureux de nous lancer un Sabai di repete jusqu'a ne plus nous voir. Les paysans s'afferent dans les champs de canne a sucre, vendue aux chinois qui la transforme et en tire la valeur ajoutee, le genre de commerce inequitable que la France pratique avec l'Afrique par exemple.
Quelques motos nous depassent.
Plus nous avancons, moins il y a de villages et plus nous sommes haut. Va t'on trouve un coin de hutte pour la nuit? On decide de chercher avant le dernier moment.
Entre temps, comme les villageois seraient susceptibles de nous prendre pour de mauvais esprits si on traverse leur village a pas de rando, nous nous arretons parfois pour boire un coup et jouer de la guitare. La moitie du village s'ameute pour prendre son bol de rire de la journee...on en rajoute. Et on donne au presume chef le soin de donner le sifflet ou les cahiers de coloriage a ses habitants. Il ne faut pas encourager la mendicite, c'est trop humiliant.
Finalement, perdus dans la montagne, nous apercevons de la fumee par derrier un petit sommet, et nous prenons un petit chemin que nous pensons etre celui qui nous conduira la-bas.
L'arrivee dans le village est un peu etrange, car il est recule de la piste, et qu'est-ce qu'ils font la ces falangs? Un premier passage ne sera pas convaincant, mais a la sortie du village, l'instit nous attrape, et nous propose de manger et dormir.
Deux secondes apres, le chef le sait et vient nous inviter chez lui. Bon, si vous insistez, c'est pas qu'on soit a 5heures de marche de Muang sing et qu'on sait pas ou dormir...ah nionnn, faut pas croire. Ouf!
Les amis du chef sont aussi convies, notre lit est soigneusement prepare, un poule passe en hurlant pres de nous, dans la main de madame...j'ai a peine eut le temps de la voir, mais c'est pas grave, j'aurai largement le temps de la deguster 3/4 d'heures plus tard.
L'habitat traditionnel de ce village akha est compose de 4, 6, ou 8 piliers de bois poses sur des pierres, puis un plancher en bambou, des murs idem, et des cloisons aussi. Une sorte de balcon , en beton ou en bambou, sert de point d'eau toilette et cuisine, il est sans toit ni murs. La maison se compose d'une piece a dormir, une cuisine avec le feu et un espace ouvert ou l'on recoit et mange. Le dessous sert a ranger les outils, les legumes...
Le village est rempli d'enfants, plus de 40 % de la population Lao a moins de 20 ans je crois, et l'esperance de vie est de 50 ans.
La soiree sera pleine d'echanges et de rires, rytmes par les mimes, les croquis et le laolao, le tord boyaux du coin. Il faut boire au rythme du chef...pas de bol c'est un soiffard, et s'il boit cul-sec...niockniock, pas le choix. J'ai tente le refus mais ca marche pas.
Les mimes sont interessant parcequ'ils ne sont pas universels. quelques malentendusparfois.
J'abrege.
Le lendemain, le chef nous amene a l'ecole, puis voir les tisserandes, la fabrication des toits de bambous, et nous suivons son equipe dans la foret, il vont reperer les parcelles a defricher pour l'annee a venir. La culture sur bruli est pratique courante, et ca pose quelques problemes ecologiques.
Nous repartons le coeur joyeux et rempli d'emotions...un peu dur car le matin, avant toute chose...laolao...gloups.
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